Les premiers passeurs de la « culture séries » (2/3)

Par Ioanis DEROIDE.

Un magazine (Génération Séries), une émission de télévision (Destination Séries), une collection d’ouvrages (aux éditions Huitième Art), un festival (les Rencontres européennes de télévision) : tels sont les nœuds du réseau médiatique où un petit groupe de passionné.e.s a construit la sériephilie française à partir de la fin des années 1980. Trente ans après la parution du premier numéro de Générations séries, je me suis entretenu avec quatre des acteurs principaux de cette période : Jacques Baudou, Alain Carrazé, Christophe Petit et Martin Winckler.

2e partie

Ce choc du Prisonnier, montré une première fois en France en 1968 sur la deuxième chaîne de l’ORTF dans la foulée de sa diffusion britannique, tous nos interviewés l’ont vécu, mais, pour Alain Carrazé, la série culte a revêtu une importance particulière en lui offrant une première occasion de faire coïncider passion personnelle et vie professionnelle quand il a intégré l’équipe de Temps X, le magazine de science-fiction animé par les frères Igor et Grichka Bogdanoff sur TF1 à partir de 1979.

A. Carrazé : Dans Temps X, j’ai eu l’opportunité de passer des séries : pour réduire le budget de l’émission, une semaine sur deux, on avait décidé de diffuser une série, et là on se tournait vers moi. J’ai d’abord proposé Le Prisonnier qui avait été mal diffusée, et qui est ma série favorite de tous les temps. Ça a eu beaucoup de succès [en 1983-1984], même si sur le moment je n’en ai rien su car je n’avais pas accès ni aux chiffres d’audience ni aux courriers de téléspectateurs. Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai su que ça avait marqué beaucoup de gens.

Cette deuxième diffusion du Prisonnier n’a pas échappé à Christophe Petit, lui qui se souvient que l’aventure collective de Génération Séries a commencé à cause du célèbre Numéro 6.

C. Petit : J’étais fasciné par cette série. J’ai adhéré au fan-club anglais Six of One et c’est dans leur bulletin de liaison que j’ai lu une petite annonce d’un autre passionné français, Christophe Renaud, qui habitait à seulement 30 km de chez moi. De là est née l’idée de créer une association pour réunir les passionnés de séries, organiser des manifestations autour des séries et, comme bulletin de liaison, une revue.

A son poste de producteur, Alain Carrazé souhaite continuer de faire découvrir les grands classiques de la SF et du fantastique anglo-saxons aux téléspectatrices et téléspectateurs de l’Hexagone.

A. Carrazé : Après Le Prisonnier, je voulais absolument La Quatrième Dimension. J’avais aussi proposé V, qui venait à peine de démarrer aux États-Unis, et j’avais précisé qu’Antenne 2 était sur les rangs pour l’acquérir mais que rien n’était encore signé, ce qui était vrai. Mais je savais très bien que Temps X n’allait pas s’aligner. Donc je pouvais pousser pour qu’on choisisse La Quatrième Dimension, même si c’était du noir et blanc et qu’il fallait faire les doublages. Et ça les arrangeait parce que c’était une série de 30 mn donc ça permettait d’avoir un épisode dans chaque numéro et 30 minutes de magazine pour compléter. En plus, la diffusion a commencé en même temps que le film de Spielberg, Landis, etc qui était présenté au festival d’Avoriaz [en 1984].

La série qu’Alain Carrazé a proposé ensuite ? Doctor Who. Plus précisément, les deux premières saisons du quatrième Docteur, interprété par Tom Baker. Les épisodes ont bien été achetés et doublés par TF1, mais jamais diffusés, du moins dans Temps X. Ils sont finalement montrés en 1989 mais dans des conditions qui leur interdisent de trouver leur public. L’anecdote n’est pas sans conséquence quand on sait que la série n’est réapparue sur les écrans français qu’en 2005.

De fait, ce sont davantage les séries américaines, anciennes ou récentes, qui ont joui d’une plus grande visibilité dans les années 1980.

En effet, la création de nouvelles chaînes privées en 1986 (Canal+, La Cinq et TV6), et la reprise sur TF1 nouvellement privatisée de La Une est à vous ouvrent du temps d’antenne aux séries d’outre-Atlantique. Ce programme en particulier est resté cher au cœur de Christophe Petit parce qu’il donnait du pouvoir aux téléspectatrices et téléspectateurs qui se voyaient proposer un choix de séries et pouvaient téléphoner pour élire celles qu’ils ou elles voulaient voir. Mais c’est surtout La Cinq qui fait découvrir ou redécouvrir de nombreuses séries.

C. Petit : Ceux qui ont connu La Cinq ont toujours un pincement au cœur quand on évoque la chaîne. C’est elle qui a diffusé pour la première fois l’intégrale de Star Trek. Elle nous a aussi offert Twin Peaks, La Belle et la Bête, Arabesque et j’en passe.

Pour Martin Winckler, qui avait délaissé les téléfictions pendant ses études de médecine et au début de sa vie professionnelle, la chaîne permet un retour à des amours de jeunesse, tandis qu’elle favorise le début d’une nouvelle activité rédactionnelle pour Alain Carrazé.

M. Winckler : À sa création, La Cinq de Berlusconi [magnat italien des médias qui a lancé la chaîne], c’est une usine à diffuser des séries américaines. C’est leur fond de commerce. Et c’est là que je revois ma série préférée d’enfance : Mission : Impossible. Je n’avais pas revu ces épisodes depuis vingt ans. Et je suis émerveillé : c’est aussi bien que ce que je me rappelais. Et j’apprécie même encore plus parce que désormais je vois comment c’est construit.

A. Carrazé : Avec la Cinq, Star Trek est arrivée en France et à ce moment-là, un magazine papier sur les séries est sorti : Télé Séries [lancé sous le titre Télé Posters en février 1987], publié par les éditions Paul et Evelyne Putti, et le numéro 1 avait mis Spock en couverture. J’étais sur le cul ! Il y avait des articles, des news, des listings d’épisodes, des jaquettes pour les cassettes vidéos, des posters, une grille des programmes. J’ai vu le premier numéro et tout de suite, avec deux-trois potes, on les a contactés, et dès le numéro 2 on a intégré la rédaction : c’est dire s’il y avait peu de gens capables d’écrire sur les séries ! Dans chaque numéro, [le rédacteur en chef] Jean-Michel Dupont voulait un article sur une série contemporaine et un autre sur une série plus vintage. Le magazine perdait de l’argent mais Paul Putti était un grand fan de séries : il avait quelqu’un qui chez lui enregistrait toutes les séries sur trois magnétoscopes et lui faisait des cassettes ! Et le magazine était de qualité, c’était du beau papier, ça ne faisait pas cheap, ça valorisait les séries. Nous, on récupérait le courrier qui arrivait à la rédaction et on voyait que ça intéressait les gens, on sentait un engouement. On se disait : « ça y est, il y a un public ». D’ailleurs, c’est à cette époque que moi et [le producteur] Yves Fletcher on s’est mis à réfléchir à ce qui allait devenir Destination séries. On avait franchi une marche. Et la Cinq y a beaucoup contribué, même si ça partait dans tous les sens. Elle a contribué à éveiller la curiosité des gens, qui se disaient : « tiens, ça existe ».

Un an après le lancement de ce premier magazine de presse consacré exclusivement aux séries, les premières Rencontres européennes de la télévision sont organisées à Reims (en mars 1988) par le réalisateur Maurice Frydland et Jacques Baudou. M. Frydland en retrace la genèse et en justifie l’existence dans Le Monde du 28 février précédent : “tout est parti d’une conversation de bistrot avec Jacques Baudou, à la suite des difficultés du Festival du roman et du film policiers [déjà dirigé par ce dernier] qui se tenait justement à Reims. Pourquoi ne pas faire un festival de télévision ? Il existe tout un tas de manifestations, Monte-Carlo, le MIPTV, l’Input […]. Toutes sont destinées aux professionnels, il n’y a pas de rencontre avec le public comme il en existe avec les festivals de cinéma.” Dans la suite de l’interview, il souligne la qualité des séries produites à ce moment-là, cite la collection Série noire de Pierre Grimblat, dont un épisode inédit est montré en avant-première, mais aussi Capitaine Furillo et La loi de Los Angeles, toutes deux diffusées sur… La Cinq.

Programme des éditions 1988-2006. Illustration de couverture: Benoît Sokal.

M. Winckler : Chaque année, Baudou et Maurice Frydland faisaient venir des fictions scandinaves, coréennes, chinoises dont on ne soupçonnait pas l’existence ! Bien avant qu’on ait toutes les chaînes et plateformes qu’on a aujourd’hui et qui font qu’on peut tout voir. Et c’était gratuit !

La fin de la décennie est marquée par les retrouvailles d’Alain Carrazé et du Prisonnier après qu’il a conseillé à l’éditrice Hélène Oswald de regarder la série : un conseil qui s’avère décisif pour l’essor de la sériephilie française.

A. Carrazé : Hélène Oswald est tombée raide dingue de la série. Je me souviendrai toute ma vie de son appel, parce que ça a quand même un peu changé ma vie : « Alain, on va faire un livre sur la série, avec ou sans vous. Et même si je coule la boite, je m’en fous, je veux faire ce livre ! » On a obtenu les droits, je suis allé en Angleterre pour récupérer les photos, Patrick McGoohan [créateur et interprète principal du Prisonnier], quand on l’a contacté, a dit qu’il voulait bien nous donner une interview ! Alors qu’il n’en donnait jamais ! Pierre-Jean [Oswald] a fait un travail de maquette extraordinaire. Et l’impact du bouquin a été au-delà de nos espérances.

Le Prisonnier, Chef-d’œuvre télévisionnaire, paraît aux éditions Huitième Art, fondées pour l’occasion, en 1989. Sa quatrième de couverture le présente comme « le premier livre d’art consacré à une série télévisée ». Suivront, dès 1990, une autre monographie consacrée, elle, à The Avengers (Chapeau melon et bottes de cuir, signé par Alain Carrazé et Jean-Luc Putheaud) mais aussi une première étude anthologique : Meurtres en séries, Les séries policières de la télévision française, co-rédigé par Jacques Baudou et son partenaire privilégié d’écriture, Jean-Jacques Schleret.

J. Baudou : J’avais rencontré Jean-Jacques Schleret alors que j’organisais le festival du roman et du film policiers à Reims [depuis 1979] et il était devenu un collaborateur du fanzine que j’éditais : Enigmatika. Nous sommes devenus amis. Il était technicien à TDF, passionné de télévision et captait chez lui à Strasbourg les stations allemandes et autres. Quand nous avons créé les Rencontres européennes de télévision, devenues ensuite les Rencontres internationales de télévision, il a participé à cette aventure. Puis, Jean-Jacques Schleret et moi, nous avons eu le projet, d’écrire un ouvrage sur les séries policières de la TV française (aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’en existait aucun). Je l’ai proposé à Pierre-Jean Oswald, l’animateur des éditions NéO, chez qui j’avais déjà publié et qui fondait alors les éditions Huitième Art, et l’ouvrage est paru en co-édition avec l’Institut national de l’audiovisuel.

Dans les mois qui suivent, deux autres titres paraissent : Destination Danger, de Jacques Baudou et Philippe Ferrari (1991) et Amicalement vôtre, de Véronique Denize et Eric Martinet (1992). Ce sont donc les séries britanniques qui sont privilégiées, et cela n’échappe pas à Martin Winckler, qui exerce alors la médecine générale au Mans, et est un fidèle lecteur de Huitième Art.

M. Winckler : Au début des années 1990, j’écris à Alain et à Hélène, que je ne connais pas, une lettre de huit pages. Je leur dis : « vous avez commencé à faire des séries anglaises, mais vous allez sûrement être amenés à traiter des séries américaines, et la série américaine qu’il faut traiter, c’est Mission : Impossible ». J’argumente et je leur fais le plan du livre. Alain m’appelle et me dit : « on a fait une enquête auprès de nos lecteurs, on leur a demandé “quelle série vous voulez qu’on traite ?” et une majorité a répondu Mission : Impossible. Alors est-ce que vous voulez écrire le livre avec nous ? ». Et il ne me demande pas ça parce que je suis écrivain , il ne le sait pas d’ailleurs [La Vacation, son premier roman, a paru en 1989, mais c’est le succès de La Maladie de Sachs, prix du Livre Inter en 1998, qui l’a fait accéder à la notoriété], mais parce que comme lui je suis un fan et qu’il voit dans ma lettre que je connais le sujet. Et c’est comme ça que ça a commencé.

Alain Carrazé et Martin Winckler, Mission : Impossible, Huitième Art, 1993.


Entre temps, Christophe Petit et Christophe Renaut font paraître, à l’été 1991, le n°1 de Génération Séries. Depuis l’arrêt de Télé Séries fin 1989, il n’existait plus de périodique spécialisé sur le sujet. L’éditorial le présente comme « un magazine conçu par des passionnés pour des passionnés de séries télévisées. Sujet vaste et complexe, certes, mais qui captive un nombre croissant de téléspectateurs ne se contentant plus de recevoir passivement des images ». Et il précise les intentions et objectifs des rédacteurs : « le choix des séries dont nous parlerons […] ne sera pas forcément lié à leur diffusion simultanée à la télévision [car] nous préférons parler de séries dont nous connaissons l’histoire et les épisodes plutôt que de disserter sur des séries que personne n’a vu dans leur intégralité. […] Notre orientation : des séries de qualité remarquablement écrites, filmées et interprétées. En quelque sorte, des preuves réelles que les séries ne se résument pas aux soaps de l’après-midi mais qu’elles sont à plus d’un titre de véritables créations télévisuelles et, sans doute, le genre narratif le plus parfaitement adapté à son support : la télévision. » On le voit, le nouveau venu ne manque pas d’ambition et n’entend pas céder à l’approche people des fictions TV, qui s’était imposée dans la presse télé (notamment le bien nommé Télé Star) depuis la fin des années 1970 et que Télé Séries avait intégré à sa ligne éditoriale.

Le sommaire de ce premier numéro fait la part belle à trois séries relativement anciennes : Le Prisonnier (évidemment), Cosmos 1999 et Destination Danger, à l’occasion de la parution à venir du livre de Jacques Baudou, qui est d’ailleurs interviewé. Mais deux séries récentes sont aussi mises en lumière : le Sherlock Holmes produit par Granada à partir de 1984 et Twin Peaks. Cette dernière est si actuelle (le dernier épisode a été diffusé aux États-Unis le 2 juin) que l’éditorial affirme qu’« il est trop tôt pour [lui] consacrer un long article », mais il est évident qu’elle fascine Générations Séries : en page 3, sous le portrait de Laura Palmer, devenu depuis iconique pour les sériephiles, une brève fait état de l’annonce par la Cinq de l’arrêt de la diffusion de la série (avant son terme) et, finalement, de son maintien à la suite d’« une vague de protestations […] contre cette décision absurde ». Le texte se conclut sur une note inquiète : « Twin Peaks est sauvé, mais pour combien de temps ? » Plus loin, un texte proposant d’adhérer à l’association Destination Séries se conclut sur cette exhortation : «  le plus dur reste à faire, il nous reste à convaincre un monde incrédule que Twin Peaks est un chef-d’œuvre absolu. »

Dès le tout début, donc, et tout au long de sa vie, Génération Séries s’enthousiasme pour de nouvelles fictions, présentées comme égales en qualité aux classiques des années 1960. À ce sujet, l’éditorial du n°13 (printemps 1995) met les points sur les i : « une série, parce qu’elle est “vieille” ou en noir et blanc, [serait] forcément meilleure que les autres : chacun sait qu’il n’en est rien et que de nombreuses séries récentes comme Aux frontières du réel […] n’ont pas à rougir d’être “toutes jeunes” ». Pour l’équipe qui réalise le magazine, ces productions contemporaines, plus tard également encensées dans Les Nouvelles séries américaines et britanniques 1996-1997 (Huitième Art, 1997), sont autant de « preuves » supplémentaires de la légitimité du médium série.

C. Petit : Beaucoup de nouvelles séries nous donnaient raison. Celles de Steven Bochco, à qui l’on devait le génial Hill Street Blues, ont réveillé les consciences. Murder One ou bien Cop Rock prouvaient ce que nous avancions. Du côté anglais, je citerais Du rouge à lèvres sur ton col avec Ewan McGregor et Suspect n° 1 avec Helen Mirren.

Génération Séries n°10, juin 1994

Une autre constante du magazine exprimée dès son premier numéro est sa bataille contre les chaînes qui traitent les séries et leurs téléspectateur⸱rice⸱s sans égards. Christophe Petit mais aussi Martin Winckler, devenu collaborateur régulier du magazine, sonnent la charge.

C. Petit : Les chaînes de télévision étaient à l’époque très peu respectueuses de la programmation. Elles diffusaient les épisodes dans le désordre, les faisaient sauter de la grille si un événement (généralement sportif) était jugé plus intéressant. Les séries étaient aussi des bouche-trous dans les grilles, si bien qu’il était difficile de les suivre. Je me souviens d’une passe d’armes avec France 2 qui a duré plusieurs numéros au sujet de la [mauvaise] diffusion d’Urgences. [cf. le n°26 à l’automne 1998, qui comportait une lettre ouverte à Michèle Pappalardo (directrice générale de France 2) signée de toute la rédaction]

M. Winckler : Il y a deux choses qui ont desservi les séries en France : la diffusion et les doublages. Par exemple, la diffusion de Picket Fences sur TF1 à partir de 1995 [sous le titre Un drôle de shérif], c’est de la folie ! Ils diffusent ça dans un désordre total. Alors que c’est un feuilleton. Ça va changer quand des chaînes comme Canal Jimmy [créée début 1991] ou Série Club [créée en 1993] commencent à faire travailler des gens comme Alain [Carrazé] qui respectent les séries.

A. Carrazé : Yves [Fletcher] passait de chaîne en chaîne pour proposer un projet de magazine sur les séries. La première qu’il est allé voir, évidemment, c’est la Cinq, et on lui a dit : « nous, on passe des séries mais on n’en parle pas ». Et ça a été comme ça avec toutes les chaînes. Elles passaient toutes des séries avec beaucoup de bonheur et de succès : M6 diffusait Clair de Lune, etc, mais aucune n’assumait de faire ne serait-ce qu’une pastille, aucune ne voulait donner la parole aux séries, creuser le sujet. Ils ne se rendaient même pas compte que ça leur aurait permis de faire de l’auto-promo ou de profiter du succès d’une série diffusée sur une autre chaîne. Et quand Yves m’a dit : « Je vais en parler à Canal Jimmy », je me suis dit : « Oh, putain ! Le câble ! Personne ne regarde. » La câble à l’époque, c’était la chaîne Festival… personne n’avait envie de s’abonner. Et on a eu un rendez-vous en 48h avec Michel Thoulouze [directeur général de Canal Plus, la maison-mère de Canal Jimmy] . On est arrivé dans son bureau et sur ses étagères il y avait deux de mes bouquins. Tiens !… Et là, Michel dit : « Alors, Alain vous présenterez bien sûr ! Avec qui ? [Jean-Pierre] Dionnet ou [Philippe] Manœuvre ? » J’étais sidéré. Je n’avais jamais pensé à présenter, je ne suis pas animateur ! J’ai dit « Dionnet » parce que je me souvenais d’un papier de lui dans Métal Hurlant sur Cosmos 1999. « OK [dit M. Thoulouze], vous démarrez dans un mois ». Ça faisait trois ans qu’Yves et moi on se bagarrait pour ce projet. Et c’est vrai qu’il n’y a que sur une petite chaîne du câble qu’on pouvait prendre ce genre de risques. Tout ce que je voulais depuis le début, seul ou avec mes potes, défendre, convaincre, là ça y est, dans Destination séries, tous les 15 jours [à partir de septembre 1992], j’avais une demi-heure pour le faire.

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